Décembre 2003 

Samedi 13 décembre : Table de presse à Cours de Vincennes (Nation).
Nous avons eu l’occasion d' échanger avec une douzaine de personnes en tout, dont certaines (notamment deux jeunes filles interpellées par la très attractive affiche "ma chair m' appartient") ont avancé contre nous des arguments intéressants, notamment l' idée que l' éthique importait peu (!) et que si l' on pouvait se permettre de manger des animaux et non pas des humain-es, c' est davantage parce qu'une telle situation poserait des problèmes de sécurité intérieure que par souci de préserver une quelconque "dignité humaine"... Ceci participe à mon humble avis d' une vision à la fois naïve et cynique des choses, car peut-on imaginer que les notions de justice et d' équité soient absentes des rapports humains ? Et sinon, n'est-il pas fallacieux de ne s'y référer que partiellement, par exemple en excluant les animaux du bénéfice de ces principes, pour la seule raison qu' ils ne peuvent ni défendre eux-mêmes leurs intérêts, ni "renvoyer l'ascenseur" en agissant de manière éthique par rapport à nous ( ce qui s'est d' ailleurs souvent produit, cf. les chiens sauvant leur "maîtres" de la noyade, d'un incendie, etc.) ?
Sinon, la plupart des autres personnes étaient surtout intéressées par les brochures de recettes végétaliennes qui sont parties comme des petites pains ! …

Samedi 13 décembre : manifestation en soutien à Mumia Abu Jamal, Leonard Pelletier et aux prisonniers politiques américains.
Comme à la même période en l’an 2000, nous avons décidé d’être présent-e-s à cette manifestation organisée par différentes associations de soutien à ces 2 prisonniers. Nous avons repris notre banderole « Non à toutes les prisons, des antispécistes » qui était la plus radicale de tout le cortège. Quelques personnes en voyant la banderole sont venues nous demander la définition du mot « antispéciste ». Cela a permis d’entamer des discussions et de leur donner le tract « la place accordée aux animaux. A noter qu’un végan intéressé par l’antispécisme est venu d’emblée discuter avec nous.
Cela a permis aussi de montrer certaines de nos positions par rapport à l’enfermement (voir banderole) ce qui se détachait assez du reste du cortège plutôt porté vers la non culpabilité des 2 américains (d’où l’utilisation du mot « radical » dans le précédent paragraphe).
Un froid/imcompréhension s’est produit lorsque deux hommes marchant en sens inverse de la manifestation ont fait le salut hitlérien, tout en criant des injures. Trop loin pour les attraper (et pour en faire quoi ?), ils sont la preuve vivante qu’il y a encore pas mal de fascistes…

Lundi 15 décembre : Collage.
Environs 125 affiches sur le thème de Noël ont été  collées dans Paris aux environs de République, Bastille, Nation. Nous avons croisées des flics qui n'en avaient rien à faire, tant mieux !

Dimanche 21 décembre : action contre le foie gras.
Nous avions prévu de faire une saynète devant une boutique " comtesse du Barry " (chaîne spécialisée dans le foie gras), ainsi qu'une table de presse et du tractage (nous avions une autorisation). Suite à des incidents " techniques ", nous n'avons pas pu prendre le fauna (vidéo et haut parleur mobiles) pour projeter des films.

Une fois sur place, le mauvais temps nous attendait : pluie forte et froide. Nous avons malgré tout tracté et affronté vaillamment les éléments et la boutiquière mécontente (mais vaut mieux ça que de l'indifférence). Malgré tout, le contact passait bien, la majorité des gens prenaient le tract, les personnes qui avaient le courage de s'arrêter pour discuter nous encourageaient surtout (une famille végé, la mère demandant à ses enfants s'ils avaient bien compris), un homme végé, des gens nous disant que nous avions raison, un homme pas végé mais qui a pris des tracts pour donner à ses invités afin qu'ils sachent ce qu'ils mangent, etc.). Les habituels " hummmm, c'est tellement bon le foie gras ".

Quand la pluie s'est calmée, transi/es de froid, notre matériel pas complètement déballé (table de presse trempée, expo humide), nous avons joué notre petite scène. Difficile de juger de l'impact en étant participante, mais cela a bien impressionné et retenu les gens : nous avons mimé l'agression d'une passante par des bouchers qui ont gavé notre oie humaine et lui ont arraché le foie. Cela a été très rapide, mais après, les mains pleines de sang, nous proposions aux passants notre délicieux foie gras ensanglanté : impact génial ! Les bouchers, leur tablier tâché de sang, proposaient aussi du foie gras.

Nous avons dû improviser avec le temps, mais cela a été une action marquante malgré tout.

Samedi 27 décembre : Table de presse à Cours de Vincennes (Nation).
Malgré le froid (et son malheureux corollaire, l’absence de gens à notre table), nous avons eu le plaisir de constater qu’une personne était ravie de nous retrouver et nous a demandé des tracts pour son entourage. Visibilité et régularité…